Le Bordographe

Blog culturel sur Bordeaux

Hercule au musée d’Aquitaine

« Vous voyez cette dissymétrie dans la représentation des fesses ? C’est ce qu’on appelle un chiasme. » Notre guide nous encourage à adopter un point de vue inédit sur la statue d’Hercule au musée d’Aquitaine : appuyées contre la cimaise la plus proche, qui nous empêche de faire face aux fesses, nous tendons le cou pour saisir toute la beauté du postérieur mythologique. Regards gourmands, sourires espiègles, gloussements timides.

Il faut dire que le thème de la visite, les fesses dans l’art, se prête davantage à ce genre de réactions qu’à une concentration solennelle. Qu’importe, c’est là tout le piquant de la chose. Mais au fur et à mesure que notre amitié se développait sur Facebook, j’ai appris qu’Hercule n’est pas qu’un joli derrière ! Bien que la statue ait été étudiée sous toutes les coutures, elle n’en reste pas moins insaisissable à bien des égards

Hercule de Bordeaux au musée d'Aquitaine

Hercule de Bordeaux au musée d’Aquitaine. Photo personnelle

Hercule sauvé des égouts

L’Hercule de Bordeaux fut découvert en 1832 dans un égout d’une maison à l’entrée de l’impasse Saint-Pierre, près de l’église et de l’enceinte gallo-romaine. La mise au jour de cette effigie en bronze grandeur nature, l’un des rares grands bronzes romains conservés en France, n’eut pourtant aucun retentissement dans la presse généraliste ou scientifique de l’époque. Pourquoi le conservateur du dépôt des Antiques de la ville de Bordeaux, François Vatar de Jouannet, ne rendit-il pas immédiatement publiques les circonstances de la trouvaille ?

Impasse Saint-Pierre à Bordeaux

Impasse Saint-Pierre à Bordeaux. Photo personnelle

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Curiosités végétales de Bordeaux : le Jardin public

Le phallus de titan a fleuri ! Et c’est l’une des curiosités végétales de Bordeaux. Au mois d’août dernier, l’Amorphophallus titanum — ou Arum titan — du jardin botanique de Bordeaux s’est épanoui pendant seulement 72 heures en exhalant une odeur nauséabonde censée attirer les coléoptères qui participent à sa pollinisation. Endémique de l’île de Sumatra, l’Arum titan présente l’inflorescence la plus grande du monde : elle peut atteindre près de 3 m de hauteur. Une fois la fleur fanée, il faut une dizaine d’années pour qu’une nouvelle se forme et éclose.

À l’occasion de la quatrième floraison d’un Arum titan en France, je vous propose de vous présenter quelques végétaux insolites de Bordeaux. Commençons par ceux du Jardin public, classé jardin remarquable de France.

Amorphophallus titanum de Sumatra

Touriste européenne et Amorphophallus titanum de Sumatra. Source : Nationaal Museum van Wereldculturen

Le jardin des délices

En réunissant le faubourg des Chartrons et celui de Saint-Seurin, le Jardin public de Bordeaux constituait l’une des pièces maîtresses du programme urbain conduit par l’intendant Tourny au XVIIIe siècle. Il fut aménagé entre 1746 et 1756 afin d’offrir à l’aristocratie et à la riche bourgeoisie bordelaise un lieu propice aux rencontres d’affaires et à la promenade au bon air. L’intendant ne cachait pas son ambition : faire de ce terrain de 12 ha le long des glacis du château Trompette, occupé par de médiocres cultures, « le plus beau jardin qu’il y ait en aucune ville du royaume » après les Tuileries.

Le dessin en est donné par le premier architecte du roi Ange-Jacques Gabriel selon les principes du jardin à la française : une composition symétrique structurée par de grandes allées formant des perspectives grandioses que l’on ne trouve nulle part dans la nature. En l’occurrence deux allées principales, se recoupant à la perpendiculaire en leur centre, délimitaient quatre parterres de broderie de buis, de lauriers, de thym et de fleurs variées selon la saison, disposés autour d’un bassin circulaire avec jet d’eau. Des allées plantées de tilleuls et d’ormeaux taillés encadraient des salles de verdure agrémentées de boulingrins.

Plan du Jardin public au XVIIIe siècle

Plan du Jardin public au XVIIIe siècle. Source : bibliothèque municipale de Bordeaux

Au sud, Gabriel aménagea une terrasse à portiques ; au nord, Tourny prolongea le jardin par un manège d’équitation puis par un jeu de paume quelques années plus tard — tous deux aujourd’hui disparus. Comparable à un salon mondain en plein air, le Jardin public (alors baptisé Jardin Royal) accueillit également des expériences scientifiques parfois rocambolesques : il fut ainsi choisi pour le lancement des premiers aérostats bordelais.

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Lecteurs du Bordographe, unissez-vous !

Chères lectrices, chers lecteurs,

Voilà bientôt un an et demi que j’ai créé Le Bordographe avec deux objectifs en tête : approfondir mes connaissances sur Bordeaux — ma ville natale — et mettre en valeur son riche patrimoine bâti et culturel, en tâchant d’éviter le cliché de la belle-endormie-qui-s’est-réveillée-et-c’est-tant-mieux.

La reine des vendanges et ses demoiselles d’honneur à Bordeaux (1909). Source : Gallica/BnF

La reine des vendanges et ses demoiselles d’honneur à Bordeaux (1909). Source : Gallica/BnF

Après une période d’hésitations marquée par l’irrégularité des publications, j’ai décidé de me consacrer plus assidûment au blog en y travaillant deux jours par semaine — quoi qu’il arrive. Le reste des jours ouvrés est dédié à des activités rémunérées, mais précaires, à savoir des cours d’histoire de l’art à Bordeaux et des conférences culturelles.

Un constat s’est imposé au fil du temps : la passion, c’est bien ; le soutien de ses lecteurs, c’est mieux ! Car il est un point sur lequel je ne transige pas depuis la création du blog : liberté, liberté chérie. Liberté de choisir mes sujets, de les aborder comme je l’entends. Or, à mon sens, cette indépendance implique notamment de renoncer à toute forme de partenariat — qu’elle soit à l’origine d’une rémunération ou d’avantages en nature.

Néanmoins, j’aimerais donner plus d’ampleur au Bordographe dans les mois à venir. D’une part en maintenant le rythme de publication à un article par mois ; d’autre part en travaillant à un premier recueil en auto-édition (avec du vrai papier et peut-être même des images). C’est pourquoi j’ai décidé de m’inscrire sur Tipeee.com.

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Les aventuriers des hauteurs

Dans un précédent article, nous avions redécouvert la vogue des bains publics à Bordeaux au XIXe siècle. Aujourd’hui je vous propose d’aborder un autre aspect insolite de l’histoire de la ville : les débuts de l’aéronautique à Bordeaux, des premières montgolfières expérimentées avec plus ou moins de succès, jusqu’à l’exploit accompli par l’aviatrice française Maryse Bastié sous le pont transbordeur (aujourd’hui disparu). Décollage imminent : attachez votre ceinture et relevez votre tablette !

Premières montgolfières à Bordeaux

Le 5 juin 1783, Étienne et Joseph Montgolfier, papetiers à Annonay (Ardèche), utilisent la force ascensionnelle de l’air chaud pour élever dans l’atmosphère un ballon de toile et de papier mesurant 11 m de diamètre. Le 21 novembre de la même année, Pilâtre de Rozier et le marquis d’Arlandes effectuent le premier vol humain à bord d’une montgolfière équipée d’une galerie. Les montgolfières sont rapidement supplantées par les charlières, ballons à gaz inventés par le physicien Charles. Le premier « globe aérostatique » à hydrogène décolle du jardin des Tuileries le 1er décembre 1783, ledit physicien à son bord.

Ces découvertes connaissent un immense succès en raison d’un vif engouement pour les sciences chez les amateurs de la bonne société du XVIIIe siècle. Le ballon est à la fois symbole du progrès scientifique et de la rencontre entre les élites éclairées et le peuple. Immortalisées par la peinture ou l’estampe, les démonstrations se multiplient sur les boulevards et les promenades publiques — jusqu’aux salons aristocratiques. Les braves aéronautes se voient même distingués par le pouvoir royal : les frères Montgolfier sont anoblis et leurs travaux salués par l’Académie des sciences.

En quelques mois, l’aérostation devient une mode en Europe, d’abord en Italie. Le 25 février 1784, la montgolfière réalisée pour l’aristocrate milanais Paolo Andreani atteint 350 m de hauteur avant de retomber dans un arbre — sans dommages pour ses trois passagers. Cependant, les provinces du royaume de France ne sont pas en reste, comme en témoignent les exploits de valeureux aéronautes bordelais.

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Odilon Redon, prince du fantastique

Après le Petit Palais à Paris, le musée des beaux-arts de Bordeaux accueille l’exposition Fantastique ! L’estampe visionnaire de Goya à Redon avec plus de 160 estampes issues des collections de la Bibliothèque nationale de France. Pour le centenaire de la mort de l’artiste bordelais Odilon Redon, présent dans l’exposition, je vous propose de revenir plus particulièrement sur son approche du genre fantastique, qu’il a développée dans l’atelier de son maître Rodolphe Bresdin.

Avertissement : les mots suivis d’un astérisque figurent dans le glossaire à la fin du dossier de presse de l’exposition.

Le fantastique, « fil noir » du XIXe siècle

La veine fantastique traverse tout le XIXe siècle dans le sillage des Caprices de Francisco de Goya publiés en 1799. Dans cette suite d’eaux-fortes*, l’artiste espagnol, mort à Bordeaux en 1828, dénonce les travers de son temps par le biais du songe et de l’absurde. L’estampe* et ses nombreuses techniques (gravure en taille douce*, gravure sur bois*, lithographie*…) sont le mode d’expression privilégié d’un véritable « romantisme noir », concept forgé par le critique littéraire italien Mario Praz. Par le décalage avec la réalité — mais non l’abolition de cette dernière — qu’il propose, le noir et blanc est pour les artistes autant un refuge qu’un miroir des inquiétudes de l’époque. De plus, l’estampe, en raison de sa qualité même de multiple, favorise la circulation des motifs entre artistes, parfois repris sur le mode caricatural ou grotesque. Une transmission assurée sur trois générations, d’Eugène Delacroix à Odilon Redon.

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Le mystère Herman van der Hem

Le jeune hollandais Herman van der Hem (1619-1649) passa onze années de sa courte vie à Bordeaux et dans le Bordelais. Dessinateur habile, on lui doit la seule source iconographique complète sur la capitale de la Guyenne au XVIIe siècle. Une documentation d’autant plus précieuse qu’elle représente notamment des édifices majeurs aujourd’hui disparus, comme le château Trompette. Mais la rareté des renseignements biographiques sur l’auteur de ces dessins — qui n’est connu par aucun (auto)portrait — ont incité l’historienne Emmanuelle Démont et l’historien de l’art Marc Favreau à tenter de lever un coin du voile…

Où est Herman ?

Depuis la publication en 1904 d’une quarantaine de ses dessins dans les Archives historiques de la Gironde, Herman van der Hem reste une personnalité énigmatique, nimbée de zones d’ombre. Outre l’absence presque totale de documents d’archives le concernant, les dessins identifiés à ce jour sont conservés hors de Bordeaux : à la Bibliothèque nationale d’Autriche, la Bibliothèque nationale de France et au musée royal de Copenhague. L’intérêt relativement récent pour le Grand Siècle bordelais explique aussi que le catalogue raisonné des dessins de Van der Hem (1) n’ait été publié qu’en 2006.

Les deux chercheurs ont étudié 139 dessins ou croquis de Bordeaux et sa région ; quelques-uns portent une légende permettant d’esquisser une chronologie entre le 5 février 1638 (premier dessin) et le 2 juin 1649 (décès de Van der Hem). La majorité des œuvres du Hollandais se trouvent à la Bibliothèque nationale d’Autriche ; elles font partie d’un ensemble exceptionnel connu sous le nom d’Atlas Blaeu. Il s’agit d’une compilation de vues et de cartes géographiques voulue à l’origine par Joan Blaeu, cartographe de la Compagnie des Indes orientales. Puis Laurens van der Hem, frère cadet d’Herman, continua à étoffer la collection dans les années 1640-1650 en acquérant des documents aux enchères ou en sollicitant des artistes dont il finançait les voyages à travers le monde.

Carte de la préfecture de Pernambuco

Atlas Blaeu, carte de la préfecture de Pernambuco (Brésil). Source : Bibliothèque nationale d’Autriche

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L’art victime de la Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une partie des collections des musées, archives, bibliothèques, trésors d’églises et musées de l’Est de la France ont été transférées en Aquitaine pour les protéger d’éventuels pillages ou destructions. Hélas, de telles mesures ont rarement bénéficié aux collections particulières. La confiscation des biens culturels appartenant à des amateurs juifs, francs-maçons, communistes ou opposants au régime a été méthodiquement organisée par les nazis. Si la majorité des spoliations ont eu lieu à Paris, d’autres se sont déroulées à Bordeaux, notamment dans le port.

Après un important travail de recherche, des dizaines de milliers d’œuvres saisies ont été restituées à leurs propriétaires légitimes ou à leurs ayants droit dès l’après-guerre. Mais près de 2 000 restent en dépôt dans les musées nationaux, car toujours non réclamées. À l’approche du 76e anniversaire de l’armistice de 1940, revenons sur le sort des collections artistiques à Bordeaux et en Aquitaine sous l’Occupation.

Chambre saccagée par les Waffen SS à leur départ

Chambre saccagée par les Waffen SS à leur départ. Source : archives de Bordeaux métropole

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Bordeaux, station thermale au XIXe siècle

Si Bordeaux a bâti sa réputation sur le négoce du vin du même nom, quelques édifices témoignent encore avec discrétion de son glorieux passé… thermal. L’aspect boueux de la Garonne dissuaderait plus d’un curiste d’en mesurer les vertus, mais la chose ne semblait nullement incongrue aux Bordelais fortunés du XIXe siècle, friands de bains de propreté et de santé. À l’heure où les stations thermales se tournent de plus en plus vers le « thermo-ludisme » afin d’élargir leur clientèle, plongeons-nous dans la vogue éphémère des établissements hydrothérapiques à Bordeaux — d’une rigueur scientifique variable.

Eau et hygiène, un duo qui ne va pas de soi

À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les questions d’hygiène et de santé publique devinrent une préoccupation majeure pour l’État. Le développement industriel ayant entraîné un exode rural massif, les grands centres urbains se sont étendus sans aucune planification. Au milieu du siècle, Paris concentrait à lui seul 4 % de la population française ; les plus modestes s’entassaient dans des logements de fortune bâtis sur la « zone », des terrains vagues aux portes de la capitale. Il y régnait une telle insalubrité que la tuberculose était pratiquement endémique, de même que le typhus, le choléra ou la typhoïde. Pourtant, la mise en œuvre d’une politique publique d’hygiène fut longue et balbutiante : la lutte contre l’insalubrité des logements en France ne fut officialisée que par la loi du 22 avril 1850.

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Auguste Bartholdi à Bordeaux

New York, Belfort, Lyon… Le nom du sculpteur Auguste Bartholdi (1834-1904) reste attaché aux villes qui accueillent ses œuvres monumentales, parmi les plus marquantes de la statuaire de son temps. Nous fêterons en octobre prochain les 130 ans de l’inauguration de son œuvre phare, La Liberté éclairant le monde, plus connue sous le nom de Statue de la Liberté. À cette occasion, revenons sur des épisodes peu connus de la carrière de l’artiste : les projets qu’il a exécuté pour Bordeaux dans la seconde moitié du XIXe siècle, dont l’un deux, la fontaine de la place des Quinconces, ne vit jamais le jour.

Auguste Bartholdi naît dans une famille de notables protestants de Colmar. Son père disparaît prématurément en 1836, laissant une femme et deux enfants : Jean-Charles, l’aîné, et Frédéric-Auguste. La famille s’établit quelques années plus tard à Paris, où les frères Bartholdi fréquentent l’atelier du peintre romantique Ary Scheffer. Mais c’est dans le domaine de la statuaire monumentale, voire colossale, qu’Auguste accomplira une carrière exceptionnelle, ponctuée d’impressionnants records : d’une hauteur de 11 m, le Lion de Belfort est la plus grande statue de pierre en France.

Le Lion de Belfort (1872-1880), par Auguste Bartholdi. Source : Gallica/BnF

Le Lion de Belfort (1872-1880), par Auguste Bartholdi. Source : Gallica/BnF

Le concours de la place des Quinconces

Sa première commande est inaugurée à Colmar en 1856. Il s’agit d’une effigie en bronze du général Rapp, qui contribue grandement à le faire connaître. Suffisamment en tout cas pour participer à de nombreux concours en vue de la réalisation de monuments publics. Quelques-unes de ces tentatives se solderont par une amère déception, en particulier le concours de la place des Quinconces à Bordeaux.

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Andrée Putman au CAPC : l’éternel dans l’instant

L’architecte d’intérieur et designer Andrée Putman a signé pour le Centre d’arts plastiques contemporains (CAPC) de Bordeaux un mobilier d’une cohérence stylistique remarquable. Fondé sur un langage architectural propre à révéler la structure hors normes de l’ancien entrepôt Lainé, le travail d’Andrée Putman destiné à l’un des premiers musées d’art contemporain en France fait toujours figure de modèle. Le CAPC lui rend hommage jusqu’au 10 janvier 2016 dans une exposition au titre poétique : « L’éternel dans l’instant ».

L’entrepôt réel des denrées coloniales, plus connu sous le nom d'entrepôt Lainé. Source : Gallica/BnF

L’entrepôt réel des denrées coloniales, plus connu sous le nom d’entrepôt Lainé. Source : Gallica/BnF

« Bordeaux sucre l’Europe »

« Au XVIIIe siècle, Bordeaux est devenu l’un des ports les plus actifs du monde occidental et le premier port français », rappelle François Guillemeteaud, auteur d’un ouvrage consacré à l’entrepôt. L’importation de denrées coloniales (sucre, café, cacao, indigo…) produites aux Antilles par des esclaves déportés d’Afrique constitue une part considérable de son activité. Dans les années 1750, un millier de familles bordelaises vivent plus que confortablement du négoce colonial, en particulier du commerce avec l’île antillaise de Saint-Domingue. « Bordeaux sucre l’Europe », dit-on alors.

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