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Souvent pittoresques, parfois poétiques, et même tirés à hue et à dia par les aléas de la politique, les noms de rues de Bordeaux possèdent leur propre histoire. Bien qu’elles trahissent de temps à autre un manque cruel d’imagination, ces dénominations attestent d’us et coutumes aujourd’hui disparus — comme le droit d’un propriétaire d’attribuer son patronyme à une rue nouvelle. Mais en tant que jalons du passé, elles sont au cœur de la construction de notre mémoire collective, qu’il s’agisse de la traite négrière ou de l’histoire des femmes.

Rues de Bordeaux

Les « humeurs chroniques » du Bordographe : des articles à mi-chemin entre le billet d’humeur et la chronique des choses vues durant le mois écoulé.

Un canapé sur la tête de la statue de Jacques Chaban-Delmas à Bordeaux. Cela ressemble à un cadavre exquis, voire au titre d’un article du Gorafi. S’agit-il d’une performance artistique nocturne destinée à interroger notre rapport à la figure tutélaire de cet homme célèbre, énième expression dans l’espace public du fonctionnement phallocratique de notre société ? Ce geste, dont le ou les auteurs demeurent inconnus, tire sa force des interprétations polysémiques qui en découlent.

Loin du verbiage qui farcit nombre de communiqués de presse relatifs à des expositions d’art contemporain, le Frac Aquitaine a mis en ligne trois vidéos afin de réfléchir aux préjugés suscités par l’art de la seconde moitié du XXe siècle. Le résultat est diablement convaincant, car il mêle habilement des pièces appartenant aux collections du Frac et des œuvres d’art ancien — exposées notamment au musée des beaux-arts de Bordeaux. Où je vous invite à me suivre pour un gros plan sur deux de ses œuvres majeures.

Humeurs chroniques

Dessinateur, graveur, peintre, « archéologue » : l’œuvre de Léo Drouyn (1816-1896) est riche de plus de 3 000 dessins et près de 1 550 gravures, dont une large part est consacrée au patrimoine médiéval du sud-ouest de la France. Il contribua à la réhabilitation du Moyen Âge dans le sillage de Victor Hugo et du mouvement romantique : ses albums de dessins et ses croquis constituent un fonds indispensable à la connaissance des édifices religieux girondins avant les campagnes de restaurations de la seconde moitié du XIXe siècle. En tant que dessinateur pour la Commission des monuments historiques de la Gironde, il s’attacha notamment à l’étude de l’art roman, s’érigeant — parfois en vain — contre toute atteinte à l’intégrité de ces jalons de notre histoire.

Monuments de Bordeaux Monuments disparus